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[CR] Semi-marathon de New-York 2017

22 Mar

En ce 19 mars 2017, près de 20 000 coureurs et moi avons eu la chance de courir 21.1 km au cœur de Manhattan.

Une course attendue depuis plusieurs mois mais rêvée depuis longtemps !

Apres avoir enchaîné des nuits de 6h, 3h30, 6h puis 7h de voiture (en compagnie de mon ami Niko que vous commencez à connaitre notamment), je vous laisse imaginer les yeux qui collent lorsque le réveil sonne en ce dimanche matin à 5h.
45 min et deux rétines en moins plus tard (j’ai réussi à me tromper de produit a lentilles et me bruler les deux yeux le matin de la course la plus importante de ma petite vie de runneuse oui oui !), il est temps de quitter notre ami Sylvain (qui nous a gentiment prêter – et encore le mot est faible – prêter son canapé) et prendre la direction de New-York, avec mes lunettes sur le nez donc (oui je suis RA-VIE) !

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Nous débarquons en voiture (Simone, ok elle est nulle celle-la) du New Jersey sur New York et la vue de la skyline illuminée malgré l’obscurité de la nuit nous assure une météo clémente pour ce matin (voyez comme j’essaie de vous dresser un peu le décor).

Il fait nuit, on roule au milieu des buildings illuminés, et on me laisse à mon destin à 3 blocs (comprenez « pâtés de maison ») du départ. Je me retrouve seule, dans le froid, pas très habillée (comprenez en tenue de sport hein je vous vois venir…), dans une ville de 8 millions d’habitants à 6h45 du matin. Non, je ne flippe pas du tout à ce moment-là…
Très vite, je me retrouve au milieu de plein de coureurs au niveau de Columbus Circle, tous encore moins vêtus que moi, marchant ou courant dans la même direction vers l’autre bout de Central Park.

J’ai froid, je m’abrite du vent à l’angle d’une boutique afin de fixer mon dossard à mon maillot. Faut savoir que j’ai toujours eu du mal à accrocher ces 4 foutues épingles et à ce moment-là, je me maudis de ne pas l’avoir fait avant… Quand y avait pas de vent quoi… A l’abri dans une voiture par exemple pendant 45 min de trajet… Anyway. Y a pire dans la vie je vous l’accorde !
Puis j’entends un américain à coté qui dit à un de ses amis qu’il a oublié sa montre. Pas pu m’empêcher de lâcher un « Ah, ça c’est balo » à voie haute… Heureusement le Monsieur en question n’est pas bilingue ! J’aurai peut-être pas dû faire la maligne d’ailleurs car j’ai failli moi-même oublier ma couverture de survie le matin même alors que toute ma tenue avait été choisie en fonction d’elle (ouai rien que ça ah ah) J’avoue que ce matin je ne faisais pas la fière après le coup des lentilles ratées et le coup de flip de la couverture de survie…
Pourquoi la couverture de survie ? Car les amis de Twitter (qui se reconnaîtront, coucou les copains !) m’ont prévenu : l’attente du départ dans le froid est assez difficile. Je suis donc vêtue de ma tenue de course sous un jean troué et un pull à jeter (dans des bennes prévues a cet effet pour une redistribution aux personnes dans le besoin, z’ont tout prévu !).

Munie de ma couverture de survie, je suis prête à affronter les -3 degrés.

Au moment de passer la sécurité, le gars me regarde et me dit « Wow you’re wearing jeans ». L’est mignon le Monsieur mais il croit vraiment que je vais courir avec ?! Dans ma tête j’avais imaginé que beaucoup faisait ça (je parle de venir habillé en jean pour se tenir chaud hein pas de courir avec) mais après vérification autour de moi, effectivement je suis la seule

Après le portique de sécurité, on entre dans Central Park. Je dis « on » mais je suis toujours toute seule hein ! Je me sens un peu bizarre à ce moment-là. Je regarde beaucoup autour de moi. Les immeubles, les coureurs, leurs tenues, le jour qui se lève…
Je redoute l’attente. On m’a tellement parlé de l’année dernière ou il faisait très froid que je me suis imaginée mille scenarii…

Je passe devant la file d’attente des toilettes la plus longue de ma carrière de coureuse avec horreur et hésite quelques secondes. C’est dans ce genre de moment que tu te lances dans un calcul savant pour estimer le temps d’attente en fonction du temps que tu as avant le départ et en tenant compte du temps qu’il va te falloir pour t’échauffer. Heureusement j’ai fait des maths en école d’ingénieur (faut bien que ces 5 années me servent aussi ! Y a pas de raison qu’elles ne soient bénéfiques que pour mon banquier !)
Je me contente d’un « je verrais plus tard » (ouai tout ça pour ça…)
Je préfère aller voir à quoi ça ressemble une ligne de départ de semi-marathon a New-York (non je ne stress pas).

En réalité, j’arrive à l’extrémité des centaines de cabinets de toilettes (je ne saurai même pas dire combien il y en avait tellement je n’en avais jamais vu autant !) et là, la file est ridiculement petite d’une vingtaine de personnes. Je le sens, c’est le moment ou jamais. C’est ma seule chance de faire mon pipi de la peur (et j’y tiens car à mon dernier semi-marathon, voyez-le comme de la superstition ou non, c’était la première fois que je ne faisais pas de pipi de la peur pré-compétition, et ça a été ma première course ou j’ai fait un arrêt pipi en pleine compétition justement. CQFD) !
Pas question qu’il m’arrive la même chose aujourd’hui ! Vous comprenez mieux pourquoi c’est donc maintenant ou jamais !

Une fois libérée de la pression (t’as compris le jeu de mots ? Je sais, je me fatigue moi-même parfois), direction le départ pour de vrai cette fois. Je repère mon sas et je vois que la vague 1 censée partir avant moi n’est toujours pas partie.
Il est temps de partir s’échauffer tout en admirant Central Park et le soleil qui se lève derrière les buildings.

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Y a pire comme vue pour l’échauffement

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17 minutes plus tard, je suis à moins de 20 minutes du départ. Je rentre dans mon sas et comme il ne fait pas froid je me débarrasse de ma surcouche. En réalité, je rentre dans mon sas. Je prends la température. Je vois tout le monde prêt. Je vois que je ne vais pas avoir la place de me changer. Je ressors. Je pose mes affaires (gants et couvertures de survie) sur un tas de neige. J’enlève mon pull. Je me déchausse. J’enlève mon jeans. Je me rechausse. Je reprends mes affaires. Et je re-rentre dans mon sas. Un vrai sketch quoi !

Et la prends le temps de kiffer ce que je vois. Ce que je vis. Avec des gens que je ne connais pas mais qui sont aussi heureux de s’être levé peut-être encore plus tôt que moi et d’avoir la chance d’être là !

Je regarde les gens prendre des selfies (j’essaie de faire pareil je l’avoue mais après avoir vu ce que ça donnait avec mes lunettes j’ai vite abandonné l’idée), je vois que la femme à coté moi « is running for two » d’après son maillot (pas sure de la signification jusqu’à ce que je la vois de profil), j’écoute les speakers et je crie avec les autres coureurs lorsqu’ils demandent qui courent ce semi-marathon pour la première fois. Ouai, là, je me dis que je vis un truc de fou et que beaucoup aimeraient être ma place (mais c’est moi qui y suis ah ah tu peux me détester !)

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On avance d’un coup, c’est signe que le départ est très proche ! Puis d’un coup on avance encore et de plus en plus. Je me mets à trottiner comme la plupart des autres coureurs en pensant que j’ai encore le temps avant la ligne de départ jusqu’à ce que je réalise que je passe sur 3 tapis. J’ai comme un doute. Les tapis sont là mais ils ne sont pas accompagnés d’arche au-dessus comme d’habitude. On est parti ou pas ? Dans le doute j’ai enclenché le chrono sur le 3eme. Et j’ai bien fait car il n’y a plus rien après si ce n’est une multitude de coureurs lancés pour 21 km.

C’est assez étrange ce que je ressens à ce moment-là. Je suis dans Central Park, je viens de prendre le départ du semi-marathon de NY mais je ne réalise pas vraiment que je suis en train de le courir !

Départ doucement. Petite cote légère dès le début. On m’a prévenu, le parcours est fait d’une succession de montées et descentes sur les 10 premiers km. Comme j’ai horreur de ça, je suis prête psychologiquement à les affronter. J’y vais doucement sur chaque montée.
Je suis venue pour kiffer chaque kilomètre, donc je me concentre uniquement sur mes sensations. Je cours sans me soucier du chrono et je chercher simplement l’aisance respiratoire. Je me dis que j’aimerai garder le même objectif que pour mon premier semi-marathon c’est-à-dire garder une aller au-dessus des 7’00/km sur toute la course. A l’époque, l’objectif avait été facilement rempli. C’est donc un bon moyen de savoir où j’en suis aujourd’hui.
Premier kilomètre à 7’04. Ensuite plus ça va plus je me sens bien.

On remonte une partie du parc. Les lacs sont gelés, il y a de la neige partout autour après le passage de la tempête Stella.

Au bout de 4 km, on ressort un peu du parc pour le longer avant d’y rentrer de nouveau.

J’aperçois une pancarte qui dit « You’re running better than the government ». J’aime toujours autant les pancartes qu’on peut lire sur les courses ! Elles font rire, sourire et reboostent !

Je jette un œil de temps en temps sur ma montre et je suis étonnée à chaque fois de mon allure. Je cours beaucoup plus vite que prévu et surtout je me sens tellement bien à une allure plus soutenue que d’habitude que je suis encore plus heureuse !

Devant moi, je vois une fille avec des chaussettes qui porte l’inscription « Bye » sur chaque jambe avec un smiley qui sourit. Elle part devant et je la laisse filer en lui disant Bye dans ma tête. Oui, il s’en passe des choses dans la tête d’un coureur sur un semi-marathon!

On redescend tout Central Park et il y a pas mal de monde venu nous encourager.
Une autre pancarte m’interpelle quand je lis « 13.1 miles : cause you’re crazy i’m here ! » (traduction si besoin : « 21.1 km : parce que vous êtes fous, je suis là !»). Je le prendrais bien dans mes bras ce Monsieur ! Pour le remercier d’être venu juste pour nous soutenir car il nous trouve taré de courir un semi-marathon ! Là, je me dis que je suis quand même en train de courir 21 km dans New-York ! Je me dis que j’ai la chance de courir sur cette distance et de me sentir aussi bien aussi ! Que certaines personnes ne sont pas capables d’en faire autant. Je pense à Clément aussi qui m’a accompagné sur mon tout premier semi-marathon.

A la sortie de Central Park, soit au bout d’environ 10 km et donc presque la moitié de la course, je ne suis pas mécontente de changer un peu de décor. Fini le décor enneigé (que je connais un peu trop à mon gout en vivant à Montréal) et c’est partie pour la ville, la vraie !
Je me sens toujours très bien. Je cours en moyenne à 6’45/km (8,9 km/h).

A la sortie de Central Park on aperçoit les écrans de Time Square au loin sous un superbe soleil qui me réchauffe. J’enregistre ce moment dans ma mémoire. Et je peux vous dire qu’à ce moment, la motivation est à son maximum !

Bientôt 11 km au total. Je ne peux m’empêcher de comparer avec mon dernier semi-marathon. C’est à partir de là que j’avais très mal vécu ma course. Ça me rassure de voir qu’aujourd’hui je me sens toujours aussi bien que 10 km plus tôt.

Time Square en ligne de mire, droit devant !

Je vois une femme devant moi qui porte un T-shirt sur lequel est écrit qu’elle court chaque kilomètre pour son père.
Et je ne sais pas pourquoi moi je pense à mon grand-père. Je me demande s’il serait fier de moi. Quand il était encore là, j’étais jeune et je ne courrais pas encore. Alors moi aussi je vais courir pour ceux que j’aime. Je pense à mes parents aussi qui doivent penser fort à moi en ce moment même (niou niou niou fallait bien un moment émouvant dans ce compte-rendu…)

Au moment d’arriver sur Time Square il y a tellement de monde venu nous supporter ! C’est incroyable ! Je regarde tout autour de moi. Je regarde les spectateurs. J’essaie de reconnaître des visages familiers mais il y a tellement de monde que je finis par laisser tomber et juste profiter de ce moment !!

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Ouai je sais, j’ose montrer mes lunettes !

Ce passage ne dure vraiment pas assez longtemps à mon gout !
On tourne à droite et voilà déjà Time Square derrière moi… On peut ne pas faire demi-tour et repasser sur Time Square svp ? C’était trop court !!!

Je suis encore sur un petit nuage lorsqu’on se dirige gentiment vers le bord de l’Hudson River. Je me sens toujours aussi bien.
Très vite, on longe la « rivière » donc et là je dois dire que ce changement de décor est radical juste après Time Square…
13.5 km que l’on est parti.
Je vois au loin la tour du One World Trade Center et elle me parait tellement loin ! Le parcours passe juste à coté il me semble alors hop hop hop on ne traîne pas et on y va !

Je suis toujours étonnée par la facilité avec laquelle j’arrive à tenir cette allure. Je constate mes progrès et ça fait vraiment du bien au moral ! Le travail de l’année dernière paie enfin ! Et je suis en train de prendre ma revanche sur le semi-marathon de Toronto.

Je me concentre sur ce qui m’entoure. Les coureurs d’abord. Les spectateurs ensuite.
Beaucoup de coureurs ralentissent, s’arrêtent ou s’étirent. Je me retrouve avec des gens de la vague de départ partis avant moi.
Je commence à ressentir une légère douleur à la hanche droite et au pied mais ma respiration est toujours très bonne. Ca commence à tirer aussi dans les mollets. Mais comme souvent, quand c’est comme ça, tant que je respire bien, pour moi, il n’y a aucune raison de me relâcher.

Cela fait 6 km qu’on longe le bord de l’eau et on arrive enfin au One World Trade Center. Je reconnais les lieux après être venue la veille.

Je sais qu’on est presque arrivé. Coup d’œil à ma montre, on approche des deux heures ! C’est le moment de tout donner. Alors que je commençais à ralentir (kilomètre 18 couru à 6’45/km), je vais courir le 19eme a 6’20 et le 20eme a 6’16/km pour finir à 5’56/km.

A ma grande surprise, on passe dans un tunnel. Ça descend pour y entrer. Je continue d’accélérer. Je double. Je suis déterminée à arriver. Et je me dis qu’arriver avant 2h20 c’est peut-être jouable… Ca ne dépend que de moi non ? Alors je fonce ! Surtout que d’après ma montre, on touche au but !

J’en chie dans la montée pour ressortir du tunnel. Je sais qu’on est tout prêt de l’arrivée !  Ma montre me dit qu’il ne reste même pas 100 mètres. La pancarte me dit, elle, qu’il m’en reste en réalité 400. Ah ah Dommage ! Va falloir tout donner encore un peu plus longtemps !
Maintenant, ma montre me dit plutôt « grouille toi il ne te reste plus très longtemps avant les 2h20 !! ».
Alors que je vois l’arche d’arrivée au loin, il reste 100 mètres et même pas 40 secondes avant de voir afficher 2h20 à ma montre alors je n’ai pas le choix faut que j’accélère encore.
Et alors que je suis en train de sprinter (enfin je m’imagine toujours en Usain Bolt alors que… Bon… Bref.) sur l’arrivée sur semi-marathon de New-York (avouez ce’st un truc de ouf j’y suis enfin !) et que je double tout le monde (ouai bon une partie), je ne peux m’empêcher de penser que certains doivent se dire que je me la raconte… « Regarde comment elle se la pète elle à doubler tout le monde », « Non mais ça sert à rien de sprinter sur la fin, fallait courir plus vite avant » bla bla bla… Oui mais moi je ne peux m’empêcher de sprinter quand je vois une ligne d’arrivée… Signe que la délivrance est proche ? Signe que j’ai plutôt bien géré ma course non ? Heureusement une femme devant moi sprinte aussi! Au moins je me sens moins seule ah ah (en vrai je ris jaune. Est-ce que quelqu’un peut me dire pourquoi je pense à ça dans un moment pareil ?!)

Et à quelques mètres de passer le tapis je chasse les idées noires et je KIFFE !
Je m’apprête à passer l’arche ! Celle que je poursuis depuis 21.1 km. Celle que j’avais imaginée maintes et maintes fois dans ma tête. Celle qui veut dire que je suis finisher du semi-marathon de New-York ! Tu rends compte ?!

Et je ne m’arrête pas tant que je n’ai pas passé le dernier tapis. Parce qu’on ne sait jamais hein ! Coup d’œil à ma montre, le suspense est à son comble !

Suis-je arrivée avant les 2h20 ?

2h19 et 57 secondes !!! C’est pas passé loin ah ah !
Mais non seulement je suis finisher de ce semi-marathon de rêve, non seulement j’ai kiffé, mais en plus je réalise un temps record les doigts dans le nez !
Je passe de 2h26 (en 2015) à 2h19 !

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L’organisation est vraiment au top. Des points d’eau / boisson énergétique tous les 2 km (ok, c’est peut-être exagéré mais ça permet d’être plus serein pour gérer sa course). Des consignes et informations très précises avant la course pour s’organiser et s’orienter.

Ce chrono j’en rêvais ! C’était l’objectif que je m’étais fixée à mon dernier semi-marathon qui avait été un fiasco total ! Quel bonheur de voir un second record personnel pour ma deuxième course de l’année !!! Quel kiffe de faire un record personnel sur une aussi belle course officielle !

2 dossards pour l’instant en 2017 et déjà 2 RP en poche !

Quand je vous dis que je ne me suis jamais sentie aussi en forme…

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Et pour l’anecdote, vous vous souvenez que dans le doute j’avais enclenché mon chrono sur le dernier tapis au départ? Et bien ma montre m’affiche exactement le même temps que le résultat officiel. Les 2h19 et 57 secondes sont confirmés ! Première fois que ça m’arrive !

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[CR] Demi-marathon hypothermique de Montreal 2017 en relais

15 Fév

Et voilà mon premier dossard de l’année. Il faut dire qu’il est assez rare d’accrocher un dossard à cette période de l’année ici au Canada. Mais le demi-marathon hypothermique a lieu tous les ans à Montréal vers la Saint-Valentin. N’y voyez aucun lien avec cette fête, mais pour honorer son titre d’hypothermique, cette course a lieu la semaine ou il fait souvent le plus froid par ici…Par exemple, l’année dernière, il faisait -40 à la Saint-Valentin (l’occasion de te vêtir de ta plus belle combinaison de ski et moonboots pour l’occasion…)

Résultats de recherche d'images pour « gif les bronzes font du ski »

Pas pu m’empêcher d’avoir cette photo en tete…

C’est donc durant cette semaine que j’ai logiquement décidé d’attraper froid (#sarcasme). Repos mercredi, jeudi et vendredi. Samedi, j’en étais encore à essayer de respirer par mes deux narines et l’idée de courir la moitié d’un semi-marathon ne m’enchantait pas du tout…
Mais ce semi-marathon en relais, c’est moi qui l’avait proposé à un ami pour sa première course officielle. Je me suis légèrement sentie dotée d’une mission que je ne pouvais refuser…

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Par chance, dimanche matin, lorsque le réveil sonne à 6h20, je me sens mieux. Après un petit dej de champion avec le Formule 1 sport Herbalife, c’est légèrement à la bourre que je sors de chez moi à 6h55… Je cours jusqu’au métro rejoindre mon ami, les tibias légèrement douloureux (Oh non pas aujourd’hui svp !), et j’arrive quelques minutes plus tard pour découvrir que le métro passe dans 8 min #fail

Arrivés sur place, retrait de la trousse (comprenez le dossard et les goodies). Chaque coureur a droit à un sac à dos et un bonnet presque po(r)tables.

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Nous avons donc une petite heure à attendre avant le départ. J’ai préféré partir en premier. Pour être débarrassée le plus vite possible (tu la sens ma motivation la !?) Ce sera donc moi qui vais courir les 10.55 premiers km avant de donner le relais a mon ami.

Après un petit 1.6 km d’échauffement toute seule, on patiente a l’intérieur puis dehors. Et la j’ai froid. Je ne sens plus mes mains ni mes orteils ! Malgré mes gants et mes chaussettes en laine de mérinos… Il fait -12 degrés et nous sommes entourés de neige…

Faut vraiment que j’aille courir la maintenant ?!

Cette année, l’organisation a décidé d’interdire le port d’écouteurs… Moi qui ne cours jamais sans musique et qui aurait vraiment besoin d’être boostée vues les conditions, je vais devoir faire sans…

Donc si on fait le compte, je dois courir :

  • 10.55 km
  • malade
  • sans musique
  • par -12 degrés
  • dans la neige et le verglas
  • avec des orteils mourrus juste avant le départ

Bref, ca va bien se passer…

Apres une hésitation sur le port de mes Yaktrax (merci Sylvain pour le tuyau) pour courir dans la neige mais surtout le verglas, puisque je les ai prise avec moi, autant les mettre ! Et j’ai bien fait !

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Oui oui la fille a gauche c’est moi !

Le départ est donné à 8h30 pour tout le monde… sauf pour nous. Les relayeurs partent 5 min après. Et donc pour la première fois de ma vie, j’ai la chance de partir première sur la ligne de départ mouahahahah ! SAS préférentiel, un régal !
Nous voilà tous (soit, au moins 10 coureurs pour cette première partie de relais ah ah) élancés. Oui, il y a foule au départ ah ah !
Et j’aurai pu battre des coudes pour garder ma première position mais y a tellement d’espace (rare sur un départ de course officielle que je me devais de le souligner !) qu’il m’est impossible d’abattre mes « adversaires » ah ah (humour hein!)
Ils partent à fond les ballons. Moi, comme d’habitude, je me laisse doubler. On est déjà à moins de 6’/km donc bon on va se calmer les cocos quand même. J’ai pas l’habitude moi !
5 personnes partent en tête.

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Et très vite, on rattrape les marcheurs puis les coureurs partis 5 min plus tôt.
Et pour la première fois de ma vie, je double des coureurs sur cette distance !!!!!!
Bon, ok, certains courent le semi mais d’autres font 10 km aussi. Et ils n’ont pas tous le bon équipement non plus. Mais c’est bon pour le moral (c’est bon pour le moral, c’est bon bon… Oui pour la chanson dans la tete c’est cadeau ^^)!

Mes orteils sont douloureux alors qu’on a même pas fini le premier kilomètre.

Là, je n’ai qu’une envie c’est d’être déjà arrivée… Alors je fais ce qu’il est strictement déconseillé sur une compétition, je pars vite. Je veux juste arriver le plus vite possible et mettre mes pieds au chaud !

Premier kilomètre couru à 6’00/km pile poile ! Même pas fait exprès car il m’est impossible pour moi de regarder le chrono tellement j’ai froid aux mains, je les garde au chaud dans mes manches…

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« Légèrement » glissant par endroit

Je me trouve derrière deux relayeuses qui ont l’air de courir ensemble.
J’en double une qui commence a lâcher. Et je me retrouve à talonner la deuxième. A un moment celle-ci demande si ça va, se retourne et voit que ce n’est plus son amie mais moi qui la suit à la trace. Elle s’excuse sans se douter que, ça y est, j’en ai fait ma carotte. On a le même rythme pour l’instant donc je la suis et on double et on double encore.

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Entre le km 3 et 4, un orteil de mon pied gauche me fait souffrir a chaque fois que je pose le pied par terre… Je l’imagine tout raide dans ma chaussure et ça me fait doucement sourire (vous devez me trouver bizarre  et vous avez le droit ah ah ! La fille est en train de perdre son orteil et ça la fait rire… Aaaaah les endorphines…)
Mais je ne veux tellement pas lâcher ma carotte que je la suis de près. Et peut-être d’un peu trop près Parfois je manque de lui “marcher dessus” (je crois que c’était un bon signe de ma détermination). Tellement près, qu’à un moment je me sens obligée de lui avouer qu’elle est mon lièvre. Elle me répond que c’est marrant on a la même foulée car elle m’entend.

A un moment je reconnais un bout de parcours, sur le circuit de formule 1, ou Niko m’avait rejoint sur le 5 km l’an dernier pour terminer la course avec moi. Ça me booste d’y repenser. Et ce jour-là, il ne restait plus longtemps avant l’arrivée. Je prie intérieurement qu’il en soit de même la maintenant mais un coup d’oeil à ma montre anéanti très vite mon espoir. Nous n’avons parcouru que la moitié de la course…

Et en effet, au lieu de continuer sur le circuit, on s’échappe pour un kilomètre dans le parc de l’île notre dame.
Je commence a manquer un peu de jus mais je tiens bon.

Au kilomètre 7, ma carotte m’échappe et file. A partir de la, je passe au dessus des 6’00/km mais jamais bien loin.
Le point positif c’est que mon pied gauche s’est réchauffé et le droit est en bonne voie !

Je me fais violence pour ne pas lâcher et je continue à doubler quelques personnes. En tout cas je note que je ne me fais pas doubler et c’est déjà ca ah ah

Pas loin du 8 kilomètre, un jeune homme film la course avec son téléphone en nous criant “v’z’etes capable, v’z’etes capable, v’z’etes capable”. Et s’il avait raison ? Si j’étais capable de boucler ces 10 km en moins d’une heure ? Ca fait presque 3 ans que j’attends de le faire. Je me dis que j’ai fait le plus dur du travail, que je ne peux pas abandonner maintenant. Qu’il est enfin temps que je me prouve à moi-même que je peux passer sous la barrière des une heure.
La, je me dis qu’il est temps de sortir encore plus de ma zone de confort. Ca devient difficile mais je peux pas ralentir maintenant. Je ne peux pas voir encore une fois mon objectif me glisser entre les doigts. Je pense à Denis et Niko qui me disent toujours #IKnowYouCan et je décide de leur faire confiance. S’ils croient en moi, pourquoi pas moi ?
Alors c’est parti, je vais le chercher ce record…

Après 8.7 km de course, ça grimpe. Et je peux vous dire que la, ça devient très dur pour moi de pas ralentir. Ca y est je respire comme un poney asthmatique et mes mollets me crient d’arrêter. Mais je ne peux pas, j’ai un RP à aller chercher… Je manque de me casser la figure quelquefois sur la neige/glace mais j’essaie de rester vigilante. Et je donne tout jusqu’au bout. Je me bats contre ma respiration et mes jambes mais hors de question de lâcher si près du but. Je vois le chrono qui avance et la distance qui ne défile pas assez vite a mon gout alors je continue et je donne mon max.

A l’approche de l’arrivée, je me dirige à gauche pour repasser sous l’arche de départ et je vois 3 personnes qui attendent pour partir. J’avoue avoir eu du mal à reconnaître mon ami, vêtu tout en noir avec une cagoule ne laissant paraître que ses yeux !!!

Ah la bonne idée de faire un relais en plein hiver au Canada !

Lui semble me reconnaître j’en déduis qu’il s’agit de mon coéquipier. Ce n’est qu’une fois que j’entends sa voix que je suis sure a 100% de donner mon dossard a la bonne personne.
Le temps d’attacher son dossard, le voilà parti et moi je m’aperçois que j’ai oublié d’éteindre mon chrono

Et c’est une fois le chrono arrêté que ma montre me félicite pour mou nouveau record. Le suspense est à son comble quand je vois à l’écran défiler le message « Bravo ! Nouveau record ! 10 km – 59’55″ ! I DID IT !!!!!!! De justesse mais je l’ai fait quand même !!!! Malgré les conditions j’ai réussi ! Et pourtant, aucune larme de joie… Étrange après un objectif poursuivi depuis plusieurs années, raté de peu plusieurs fois… Mais non rien !

Cote chiffres ca donne ca :

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J’attends la fin de la course pour mon ami avec sa chérie, au chaud, avec le tracker qui nous indique sa position. On sait donc a peu près quand il devrait arriver.
On le trouve au 9eme kilomètre, juste au début de la dernière portion, celle ou ça grimpe bien et il nous dit “je suis mort!!!”. On l’encourage avant de rejoindre l’arche d’arrivée.
Une fois franchie, on récupère notre médaille et il est temps de faire un petit topo sur cette première expérience pour lui.

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C’est l’heure aussi de se régaler avec un véritable brunch offert a tous les coureurs !

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Mon ami m’apprend qu’il a double 3 relayeurs sur son parcours. Mais n’a pas reussi a doubler le premier… Donc si ses calculs sont bons, nous devrions terminer deuxieme relais !!
Et c’est au moment de la remise des prix qu’effectivement nous apprenons que notre duo des « morts de froid » (oui, nous manquions terriblement d’imagination le jour de l’inscription !) termine médaille d’argent ah ah !!!
Et hop une deuxième médaille a mettre autour du coup pour ce jour et une carte de cadeau de 30 dollars a dépenser dans la boutique de running partenaire de la course.

Nos résultats :

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Et donc me voilà avec un nouveau record sur 10 km sur mon premier dossard de l’année. 2017 commence donc très bien ! Et je vois ma motivation redoublée de constater que tout travail finit par payer un jour (oui, j’avais commencé à en douter…) !

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